[Japon] Non, Fukushima n’est pas Tchernobyl !

[Japon] Non, Fukushima n’est pas Tchernobyl !

Quelles sont les dernières nouvelles concernant le site de Fukushima Daiichi ? Quels événements malheureux se sont passés depuis le 11 mars dernier ? Voici quelques éléments de réponses accompagnés d’une animation de 3 minutes intégrant des commentaires audios (source : Le Monde.fr) qui expliquent de manière très claire ce qui s’est passé depuis plus d’un mois.

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Centrale de Fukushima Daiichi

Seules quelques barres de combustible usagé du réacteur numéro 4 semblent endommagés. Nous en avons eu la confirmation par Tepco hier (mercredi 13 avril). En effet, les prélèvements de 400ml d’eau mardi dernier dans les piscines de refroidissement ont fait ressortir des taux anormalement élevés d’iode 131, de césium 134 et de césium 137.

Le réacteur numéro 4, à l’arrêt depuis novembre 2010 pour maintenance, contient 1 331 barres de combustible usagé et 204 barres de combustible non usagé. Toutes sont entreposées dans une piscine. Selon Tepco, les niveaux d’iode 131, césium 134 et césium 137 relevés dans l’échantillon prélevé mardi sont respectivement de 220 becquerels par centimètre cube, 88 becquerels et 93 becquerels. Ces susbstances proviennent d’une réaction de fission nucléaire.

L’Agence japonaise de sûreté nucléaire a confirmé que ces taux étaient 100 000 fois plus élevé que la normal mais qu’ils pouvaient résulter des pluies chargées en particules radioactives.

La dégradation des barres de combustibles des piscines est majoritairement dû au manque d’eau temporaire dans les bassins suite à l’explosion du toit du bâtiment mais aussi par les charpentes en acier qui seraient tombées directement dans les picines.

L’Agence nucléaire a ajouté que l’état de la piscine du réacteur numéro 4 est partiellement connue permettant aux travailleurs d’agir d’une façon mieux adaptée.

Yoko Komiyama, vice ministre de la santé et du travail déclarait hier que 22 travailleurs de la centrale avaient été exposé à des doses supérieures à 100mSv sans dépasser toutefois 198,24mSv. Pour rappel, 100mSv est la dose maximum autorisée pour les travailleurs afin d’endiguer un problème majeur. Cependant, cette limite a été relevée à 250mSv.

Sur le terrain, 700 tonnes d’eau hautement radioactive ont été pompé alors qu’il en reste encore 60 000 tonnes dans les sous-sol des réacteurs 1 à 3. Il faudra des semaines pour y parvenir.

 

Echelle INES : niveau maximal de 7 attribué à la catastrophe de Fukushima

Mardi dernier, le gouvernement japonais a relevé l’accident de 5 à 7 de manière temporaire. Cependant, comparer Fukushima et Tchernobyl est-il raisonnable ?

Alexander Sirch, scientifique ayant travaillé sur le cas de la catastrophe du 26 avril 1986 à Tchernobyl a donné quelques éléments de réponses que voici.

Selon lui, il était prématuré de relever le niveau sur l’échelle INES :

  • Le gouvernement a indiqué que cette mesure était provisoire et justifiée par le rejet total de particules radioactives dans l’environnement et non pas à cause des dégâts sur la santé humaine qui sont, jusqu’à présent, minimes pour ne pas dire inexistants ;
  • Depuis un mois, les medias reportent des chiffres vertigineux que la plupart des lecteurs ne comprennent pas : 10 000 terabecquerels ont été enregistrés autour du site de Fukushima depuis un mois. A quoi est-ce que cela correspond ? Il s’agit de 270 000 curies, rien à voir avec les relevés de Tchernobyl. Le gouvernement soviétique avait annoncé officiellement 50 millions de curries (185 fois plus que Fukushima). On estime que les mesures étaient érronnées et que la fourchette s’étendait de 75 millions à 125 millions de curries (soit 278 fois à 463 fois Fukushima) ;
  • Les mesures de Tchernobyl ont été prises sur 9 jours et demi pour un réacteur, celles de Fukushima 30 jours pour quatre réacteurs et une piscine de refroidissement ;
  • En Ukraine, les rejets étaient complètement incontrôlés, au Japon, le personnel utilisent un certain nombre de moyens pour limiter ces émanations de particules radioactives ;
  • La catastrophe d’avril 1986 n’a rien à voir avec celle du 11 mars 2011 : le réacteur à Tchernobyl fonctionnait à pleine puissance, il a explosé et s’est retrouvé à l’air libre. Les isotopes se sont dispersés sur une zone considérable. A Fukushima, les réacteurs n’ont pas explosé, ils sont toujours dans leur enceinte de confinement. Certes, on a retrouvé de l’iode 131, du césium 137 et du xénon 133. Du césium 137 a été retrouvé à 40 kilomètres au Nord-Ouest de la centrale mais pas ailleurs.
  • Il ne faut pas donner, pour le moment, trop d’importance aux chiffres car tout dépend du mode de calcul avec les demie vies des isotopes. Concernant l’iode 131 qui a une demie vie de 8 jours, il en reste 1/10ème

Fukushima est un accident majeur mais les comparaisons avec Tchernobyl sont injustifiées et indéfendables, seuls les médias ont fait l’amalgame.

Enfin, voici ce qu’a dit aujourd’hui même Olivier Gupta, directeur général adjoint de l’ASN :

L’accident n’est pas devenu plus grave à partir du jour où il a été reclassé par l’autorité japonaise en niveau 7. Sa gravité reste comprise entre l’accident de Three Mile Island en 1979 et la catastrophe de Tchernobyl. […] Les répliques du séisme survenues cette semaine n’ont pas aggravé la situation, il y a peu d’évolution par rapport à la semaine dernière.

Pour les termes techniques de cet article, je vous invite à lire le glossaire du nucléaire sur ce blog.

 

Fukushima : un mois d’opérations résumé en 3 minutes

 

Source : Le Monde

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