[Japon] Bilan au 4 mai 2011

[Japon] Bilan au 4 mai 2011

Quasiment deux mois après la terrible catastrophe qui a touché les côtes Nord-Est du Japon, je vous propose un bilan de la situation sur l’archipel nippon…

1. Situation sur le site et au large de la centrale de Fukushima Daiichi

  • Greenpace a envoyé le Rainbow Warrior II aux larges des côtes de la centrale de Fukushima (au Sud) afin de procéder à des mesures ;
  • Des échantillons collectés dans le lit marin à 15 km de la centrale contiennent 1 400 becquerels de césium 137 par kilogramme, selon Tepco (valeur six cents fois supérieure au niveau maximum de 2,3 becquerels trouvé jusqu’à présent au large de la côte nord-est). D’autres échantillons prélevés à 20 kilomètres de la centrale font ressortir des valeurs tout aussi elevées. Pour rappel, 520 tonnes d’eau très contaminée provenant d’une fosse technique s’était déversée dans la mer début avril ;
  • Entre 300 et 700 personnes travaillent sur le site de la centrale dans des conditions extrêmement précaires : quelques biscuits leur auraient été servis durant les repas, ils auraient dormi par terre avec de simples couvertures sans salle de bain. Le gouvernement japonais affirme que ces travailleurs disposent maintenant de lits et que des bento (plateau repas) leur seraient distribués ;
  • La majeure partie des travailleurs évoluant sur le site de la centrale sont des gens de Fukushima et des sous-traitants de Tepco (il y aurait peu de salariés de Tepco)
  • Dans le réacteur numéro un, huit tuyaux ont été déployé pour purifier l’air afin que le personnel puisse y travailler ;
  • La résine collante pulvérisée sur le site de la centrale aurait produit ses effets et fixée au sol les poussières radioactives ;
  • Le pompage de l’eau radioactive se poursuit au niveau du bâtiment abritant le réacteur numéro 2. Tepco devrait également mettre en service un système de pompage au niveau du bâtiment du réacteur numéro 3. Il reste 87 500 tonnes d’eau radioactive à pomper sur l’ensemble du site.

Un calendrier avait été annoncé par Tepco mi-avril, en voilà les grandes lignes :

  • Trois mois devraient être nécessaire pour que le niveau de radiation commence à baisser et trois à six mois supplémentaires pour réduire les fuites radioactives à un niveau « très bas ». Cela nous amène ainsi à la fin du mois de juillet dans le meilleur des cas ;
  • Trois à six mois seraient ensuite consacrés à réaliser «l’arrêt à froid» des réacteurs (le liquide de refroidissement reviendrait à une température et une pression proche des conditions ambiantes). Pour cela, l’opérateur japonais espère relancer les circuits de refroidissement classiques ou installer un circuit parallèle à l’extérieur des réacteurs.

2. Radioactivité et nourriture

Voici les taux maximum admissibles au Japon par type de produits et données relevées dans la préfecture de Fukushima et dans celle d’Ibaraki (pour plus d’informations sur les localisations des préfectures, je vous invite à consulter la carte des préfectures à la fin du paragraphe) :

  • Végétaux : 500 Bq / kg pour les césiums et 2 000 Bq / kg pour l’iode. Fukushima (120 Bq / kg pour le césium et 5 400 Bq / kg pour l’iode) Ibaraki (140 Bq / kg pour le césium et 180 Bq / kg pour l’iode) ;
  • Champignons : 500 Bq / kg pour les césiums et 2 000 Bq / kg pour l’iode. Fukushima (3 500 Bq / kg pour le césium et 6 300 Bq / kg pour l’iode) Ibaraki (20 Bq / kg pour le césium et 48 Bq / kg pour l’iode) ;
  • Lait : 100 Bq / litre pour les césiums et 200 Bq / litre pour l’iode. Fukushima (17 Bq / kg pour le césium et non détecté pour l’iode) Ibaraki (1 Bq / kg pour le césium et non détecté pour l’iode) ;
  • Viande : aucune mesure détectable sur la seule mesure prélevée dans la préfecture de Yamagata ;
  • Eau du robinet : 200 Bq / litre pour les césiums et 300 Bq / litre pour l’iode ; valeurs inférieures à 1 Bq / litre pour le césium et 1 Bq / litre pour l’iode ;
  • Poissons : 500 Bq / kg pour les césiums et 2 000 Bq / kg pour l’iode. L’anguille des sables ou lançons japonais est pêché de façon saisonnière de janvier à avril et localement. Cet espèce de poisson présentent des taux très supérieur aux moyennes admissibles (14 400 Bq / kg pour les césiums et 3 900 Bq / kg pour l’iode). En revanche, les autres produits de la mer présentent des taux de 100 Bq / kg pour les césiums et 200 Bq / kg pour l’iode.

Voici les recommandations de l’IRSN :

L’IRSN recommande :
– en l’absence d’information sur la provenance et la qualité radiologique des denrées fraiches, d’éviter autant que possible la consommation prolongée de légumes à feuilles (épinards, hana wasaki, kakina, komatsuna, laitue, chrysanthème, chou, chou blanc, chou chinois (bok choy), céleri, brocolis, persil), de champignons, de poissons (en particulier le lançon japonais (ou anguille des sables)) ;
– de s’assurer que les denrées fraiches listées ci-dessus provenant de préfectures où des dépassements des normes autorisant la consommation ont été observés pour ces produits (Fukushima, Tochigi, Ibaraki, Miyagi, Gunma, Saitama, Tokyo, Kanagawa, Chiba) sont conformes à la réglementation japonaise en vigueur ;
– d’éviter de donner aux enfants du lait produit depuis le 11 mars dans les préfectures de Fukushima, Tochigi, Ibaraki, Miyagi et Gunma.
Aucune limitation d’usage de l’eau du robinet pour la préparation et la cuisson des aliments n’est à envisager.
Les produits stockés sous emballage hermétique au moment de l’accident (conserves, produits secs, lait UHT ou l’eau minérale embouteillée), peuvent être consommés sans risque.
Il est important de noter que la consommation occasionnelle de denrées contaminées même à des niveaux légèrement supérieurs aux normes autorisées ne présente pas un risque significatif pour la santé.

Voici une carte répertoriant les préfectures du Japon (dont celles citées ci-dessus : Fukushima, Ibaraki et Yamagata):

3. Mesures de radioactivité

  • Vous trouverez ci-dessous quelques mesures autour de la centrale de Fukushima depuis le 5 avril 2011 (cela permet d’avoir une idée de l’évolution du taux de radioactivité sur un mois).

Situation au 4 avril

Situation au 5 avril

Situation au 4 mai

  • En ce qui concerne Tokyo, le taux moyen relevé ces derniers jours à Shinjuku (et qui a toujours été sensiblement le même depuis le 11 mars dernier) s’élève à 0,068 microsievert par heure ce qui représente 0,6 millisivert par an. Pour rappel, la limite de l’exposition humaine fixée par l’OMS est de 3,1 millisiverts par an. Pour plus d’informations, je vous invite à consulter l’article traitant des microsieverts.

Pour connaître les taux de radioactivité sur l’archipel nippon en direct, je vous conseille le site Japan Faile Robot. Voici par exemple une carte de Tokyo avec les mesures au 4 mai 2011 :

Tokyo au 4 mai

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