Manga Party Festival : 30 minutes de magie

Manga Party Festival : 30 minutes de magie

Par un temps estival, direction Portes de Versailles aujourd’hui, hall numéro 5 pour un festival totalement inédit pour moi : il s’agit de la deuxième édition du Manga Party Festival. Sachez que le titre ne reflète pas du tout la qualité du festival (bien au contraire) mais une prestation musicale d’une grande qualité. C’est parti, suivez le guide…

Arrivé à 14 heures, j’avais peur de ne pas avoir le temps de faire le tour du hall 5 puisque le festival fermait ses portes à 19 heures, d’autant plus que je devais assister à un concert dédié au Japon.

J’étais très curieux de voir ce qu’allait apporter de plus un événement tel que celui-ci par rapport à une Japan Expo déjà très riche en activités, organismes et exposants. Le programme était excellent sur le papier, pour vous en convaincre, voici ce que le site indiquait :

Le Manga Party Festival se veut le festival le plus exhaustif dédié au phénomène culturel japonais.

En effet celui-ci propose de retrouver les plus grands domaines de la culture japonaise actuelle que sont :
• Les animés (séries et films d’animation manga)
• La J-Pop musique à travers des concerts, un karaoké géant et bien d’autres spectacles
• Du cosplay et de la mode à travers des défilés traditionnels
• L’art contemporain avec des expositions
• Le jeu vidéo avec la présence exceptionnelle du Musée du Jeu Vidéo, l’organisation d’un grand tournoi et des bornes jouables
Et bien sûr les classiques : du manga papier, des dédicaces, des démonstrations de doublage, des stands d’écoles et d’associations, …

Avouez que cela sentait bon n’est-ce pas ?

Pour les fans de manga, vous vous souvenez de Laura dans Nicky Larson (シティーハンタ) ? Elle utilisait une belle massue de 100 tonnes n’est-ce pas lorsque Nicky dépassait les bornes ?! Eh bien à peine m’étais-je engouffré dans le hall numéro 5 que j’ai senti quelques tonnes de bois s’abattre sur mon crâne… Grosse pub mensongère ! !


  • Des animés : où ça ? ;
  • De la J-Pop à travers des concerts : peut-être le samedi ou le dimanche matin, je n’y étais pas ;
  • De la J-Pop avec un karaoké géant : tout un programme, je suis resté dans la salle quelques minutes, je ne sais pas si l’adjectif « géant » convient bien à ce que j’ai pu voir ;
  • Du cosplay : les cosplayers étaient bien là, merci on ne nous avait pas menti ;
  • De l’art contemporain avec des expositions sur des dessins animés : arrêtons le massacre. J’étais venu entre autres choses pour assister à une exposition sur Karigurashi no Arrietty. Mon visage s’est décomposé lorsque j’ai vu quatre misérables colonnes avec des photos de la dernière animation des studios Ghibli. Absolument granguignolesque, Google images me donnent les même résultats. Je ne parlerai même pas de l’exposition One Piece avec une douzaine de planches de manga sur quelques colonnes se battant en duel ;
  • De l’art contemporain avec l’exposition du musée du Jeu Vidéo : j’étais déjà allé le voir l’année dernière et c’était encore un vrai plaisir de voir toutes les consoles depuis les trente dernières années regroupées sur un même espace. J’ai été agréablement surpris de voir des enfants jouer sur Nes, Megadrive, Neo Geo et j’en passe ;
  • Côté jeux vidéos, rien d’exceptionnel : trois bornes Naruto Shippuden Storm 2, quelques bornes d’arcade. PES League 2011 avait organisé un concours et prenait quelques dizaines de mètres carrés, intéressant, il s’agissait de la seule « vraie » animation du festival ;
  • Au niveau des stands, j’ai pu apercevoir un stand de bonbons (??), un stand de ventes de figurines (avec simplement quelques dizaines de figurines), un stand de vente de kimonos chinois (??!! et les yukata ils sont où ?), trois stands de vendeurs particuliers (votre portrait en manga, vente de dessins), un stand de ventes de manga (Naruto, Bleach, One Piece, Fairy Tail et un ou deux autres titres, pour Bakuman ou autres joyeusetés, vous repasserez…), un stand de vente de DVDs, un espace Purikura (voilà en revanche une idée originale pour toutes celles et ceux qui n’ont pas eu l’occasion de tester cela directement à la source, au Japon).

Vous l’aurez compris, j’ai été très déçu par ce hall numéro 5 et ce Manga Party Festival. J’ai été étonné de ne pas voir de stand tels que ceux de Nolife, Game One et même de stands d’organisations, d’associations en relation avec l’archipel nippon.

Ce qui m’a sidéré surtout c’est de ne pas voir un stand traitant de la catastrophe qui a frappé nos amis japonais le 11 mars dernier. On aurait pu retrouver sur ce stand des animations pour recueillir des fonds pour les sinistrés… Qu’on bien pu faire les organisateurs depuis un mois ? Je me le demande…

Je n’ai pas eu le courage ni la motivation de prendre plus de photos de stands. La première photo ci-dessous à gauche a été pris des escalators menant à l’étage où avait lieu le concert. Cela vous donne un aperçu de l’immennnnnnnnnnnsité du salon 8-O Niveau foule, on est a des années lumières d’un TGS et plus proche encore d’une Japan Expo.

Le concert pour le Japon

Allez, alors là, je vais lui faire un sort à part au concert, tant de choses à raconter dessus !

Sur le papier, les organisateurs de Manga Party Festival avait eu la bonne idée d’inviter des chanteurs et musiciens français, anglais et japonais pour soutenir les sinistrés de l’archipel nippon. L’intégralité de la recette de ce concert était reversée à la Croix-Rouge. Cet événement musical était la raison principale de ma venue sur ce festival. Les organisateurs avait décidé d’investir le premier étage du hall 5 pour y placer la scène.

On nous avait promis du monde, de la fête, du son, de l’ambiance, en bref un moment de pur bonheur… Au final :

  • Trois quarts d’heure de retard (personnellement je n’étais pas pressé) ;
  • Une organisation absolument abracadabrantesque : des chanteurs se sont soit disant perdus ce qui fait qu’au bout de trente minutes de concert, l’animateur du concert (Manu du 6-9 de NRJ) a annoncé que le concert était terminé. Une partie des spectateurs est donc parti bien que la majorité soit resté cinq minutes se demandant ce qu’il se passait. J’étais de ceux-là et, comme par magie, nous avons pu assister à trois autres mini shows ;
  • Une organisation absolument aabracadabrantesque (bis) : une régie son étonnante (un des chanteurs à même lâché avant de quitter la scène : « franchement la sono c’est pas ça ») ;
  • Une organisation absolument aaabracadabrantesque (encore ?) : NRJ a assuré le minimum, où est donc passé Manu après les trente premières minutes de concert ? On ne l’a plus revu, super l’animation… Le caméraman a passé la foule en revue en se plaçant sur la scène au début puis il est parti ;
  • Une ambiance molle : on nous annonçait une salle d’une capacité de 2 000 personnes pour ce concert (effectivement un hall d’un parc d’exposition c’est grand, on s’en aperçoit encore plus lorsqu’il est désespérement vide) nous devions être 200 dans cet immense hall industriel, l’ambiance n’y était donc pas forcément mais nous n’y pouvons rien. En revanche, l’animateur n’a absolument pas été à la hauteur, quel mou du genou ! ! Il montait sur scène 20 secondes pour faire la promotion de chaque artiste avant chaque prestation et puis basta, le meilleur moyen d’endormir les spectateurs… Les auditeurs de NRJ entre 6h et 9h doivent être bien réveillés avec Manu (cynisme quand tu nous tiens). Affligeant ;
  • Des artistes ayant assuré le minimum : je l’ai vite compris, même si Manu nous a bien fait comprendre que les artistes venaient se produire bénévolement (encore heureux), une bonne partie étaient là pour assurer leur promotion (on a compris que untel et untel était en concert prochainement, que le single de l’autre allait sortir demain, que l’album du suivant arrivait en juin, bref, que de pollution qui n’avait rien à faire là dans un moment pareil). Pire, mise à part Passi qui a assuré un bon show à l’ancienne de 10 minutes (cf. vidéo de sa prestation en bas de l’article), montre en main, chaque « artiste » est monté sur scène le  temps d’enchaîner deux moitiés de chansons, à peu près deux à trois minutes par chanteur, une catastrophe. Manu nous a indiqué avant qu’une troupe de chanteurs ne se produise qu’ils avaient fait 15 heures d’avion pour venir du Japon jusqu’ici, je n’ai donc pas compris pourquoi cette troupe n’a joué qu’une minute trente alors qu’ils avaient réussi à électriser la foule… Absolument incompréhensible je vous dis, on nageait en plein dans le délire ! Inutile de vous dire qu’après leur show » respectif promotion respective, chaque « artiste » qui s’était produit à pris la poudre d’escampette, sac Vuitton en main (je n’ai rien contre cette marque de luxe bien au contraire mais je dénonce plutôt ici l’attitude de ces chanteurs qui donnaient l’impression d’être venus trente secondes faire leur promotion et repartaient tel des starlettes sans se soucier une seconde du concert). De plus, chaque chanteur a tenté de dire une phrase de soutien pour le peuple japonais mais cela tombait à chaque fois comme un cheveu sur la soupe et cela sonnait tellement faux. Ah, juste pour information, sur les seize artistes indiqués sur l’affiche, je n’en n’ai vu que huit sur scène, peut-être me suis-je endormi ou peut-être ne sais-je plus compter… ;
  • Et puis… la révélation : vous vous demandez bien pourquoi j’ai indiqué dans la titre que j’avais assisté à 30 minutes de magie alors que jusqu’à présent, ce festival n’avait été qu’un enchaînement de déceptions. Sortie de nul part, j’ai vu sur scène une harpe puis l’arrivée de Cécile Corbel, la chanteuse et harpiste bretonne ayant composé la bande originale de Karigurashi no Arrietty (借りぐらしのアリエッティ), le dernier film d’animation des studios Ghibli. Elle était accompagnée de deux musiciens. Comment vous décrire ce moment ? C’est difficile, je dirais que je me suis pris une grosse claque musicale dans les oreilles, le temps s’est arrêté l’espace de trente minutes. Écouter la bande son est une chose, voir jouer Cécile Corbel en est une autre. Alors que tous les artistes précédent avait tenté de faire le show sans y parvenir à grand coup de chorégraphie en harangant  le public (« Vous êtes chauds ? Faites du bruiiiiiiiiiiiiit ! ! J’entends riennnnnnnnnnnn ! ! Ca va Pariiiiiiiiis ? Vas-y on y va en mode cirminel ! » j’avoue que le « Vas-y on y va en mode criminel » je l’ai encore en travers de la gorge. Des enfants étaient dans la salle, les « artistes » ont oublié qu’ils n’étaient pas dans leur show traditionnel de rap à Bercy, au Zénith ou que sais-je; fin de la grande parenthèse),  Cécile s’est installée calmement, elle a prononcé quelques mots avec sa voix posée et ces phrases là venaient du cœur. Elle et ses musiciens ont enchaîné en reprenant les morceaux principaux du film, que ce fut beau… Là où ses camarades avaient assuré la moitié du tiers du minimum, nous avons eu droit à trente minutes de morceaux enivrants. Une réussite ! Bravo à elle et merci !

Après ce pur moment de bonheur, je pouvais partir de ce festival l’esprit léger, avec le sentiment de ne pas m’être déplacé pour rien, car oui, sans la prestation remarquable de Cécile Corbel, on pouvait faire le tour des stands en quinze minutes (et dire que j’avais peur de ne pas avoir assez de temps avec 5 heures !).

Lorsque je vais relire cet article, je ne pense pas corriger quoi que ce soit même si je pense que je n’ai fait que tirer à boulets rouges sur ce festival. Mais c’est ainsi. Si vous n’avez pas encore le CD de la bande originale d’Arrietty, je vous le conseille vivement.

Ce festival, c’est un peu comme un travail bâclé rendu par un élève pour éviter de se faire réprimander alors qu’il n’avait pas du tout envie de livrer sa copie : les organisateurs ont essayé de faire quelque chose mais cela n’avait aucune âme, le hall numéro 5 Portes de Versailles aujourd’hui ressemblait à un espace englobant un meli-melo de stands où on a voulu faire cohabiter jeux vidéo et monde du manga, un embryon de Japan Expo, fade.

Le Japon ne se résume pas au Jeu Vidéo, au Manga et au Cosplay. À ces visiteurs qui désirent toucher du bout des doigts sa Culture remarquable, l’archipel nippon offre avant tout un mode de vie extrêmement délicat (pour ne pas dire impossible) à appréhender en peu de temps. Le Japon compte évidemment d’innombrables choses à découvrir comme dans chaque pays : histoire, religion, patrimoine, paysages à couper le souffle. On y apprend aussi les valeurs de la vie : le respect de ceux qui nous entourent, de la nature, l’art de réaliser les choses de la meilleure des façons, la persévérance et la combativité, le sourire en toute circonstance. Ce pays est aussi bourré de défauts mais ce n’est pas le sujet de cet article, je m’égare. Ce que je veux dire par là c’est que je ne reproche pas aux gens d’aimer le Japon pour les manga ou les jeux vidéos, j’en fais moi même partie. Mais je suis révolté que le site internet de Manga Party Festival ait indiqué je cite qu’il s’agisse du « festival le plus exhaustif dédié au phénomène culturel japonais« . On ne demande pas à un festival dédié au Manga et au Jeux Vidéo d’apprendre à des gens ce qu’est la Culture du Japon en 2 jours dans un hall d’exposition mais il serait bien de la leur faire toucher du doigt. Japan Expo y réussit dans une certaine mesure.

Je pense avoir été assez objectif en rédigeant ce billet. Même si n’importe quel festival de manga devrait me paraître mou après que j’ai eu l’occasion d’explorer en long et en large Akihabara, Nakano et aussi le musée Ghibli à Mitaka, je suis sûr que je prendrais beaucoup de plaisir à arpenter les allées d’événements ayant pour thème le Japon (manga et plus globalement sa Culture) ou les jeux vidéos (j’ai d’ailleurs été très séduit par la dernière Paris Games Week : cf. article traitant de la Paris Games Week sur ce blog). Encore faut-il qu’il y ait la qualité (et non pas forcément la quantité). Nous verrons bien en juin prochain à la Japan Expo !

Merci encore à Cécile Corbel et aux musiciens qui l’accompagnent pour le bon moment de musique. Voici une vidéo de sa prestation aujourd’hui, le son n’est cependant pas terrible puisque j’ai filmé avec mon G10 (désolé par avance pour le cadrage et les légers tremblements, je n’avais pas de trépied et milles excuses également pour la coupe brutale peu avant 9 minutes, j’ai eu un petit pépin avec le matériel. J’en rage ! !).

 

 

Voici également la prestation de Passi :

 

 

Et vous, qu’avez-vous pensé de ce festival ?

 

Enfin, j’ai l’impression de me répéter ces derniers temps mais n’oublions pas tous les sinistrés du Nord Est du Japon. 165 000 personnes vivent actuellement dans des gymnases et ont perdu des proches, leur maison. Même après la reconstruction, chacun sera marqué par cette date du 11 mars pour des dizaines d’années… Pour l’heure, la Croix-Rouge abat un travail considérable sur place, elle a besoin de vos dons, plus que jamais, encore et même surtout un mois après la catastrophe. N’hésitez pas :

Cliquez ici

 

Ce soir (lundi 11 avril), pour les Parisiens, un concert caritatif aura lieu dans un bar, j’y serai. Voici les informations :

Concert caritatif pour soutenir le Japon
Lundi 11 avril 2011, 20h – 22h
Chansons françaises / japonaises / russes … classique ou jazz

Ayumi (chanteuse japonaise) & Ses amis chanteurs

Piano : Jean-Louis Beydon
Accordéon : Michel Glasko

Bistrot Chat Noir
68 Boulevard de Clichy Paris 18ème
Tel : 01 46 06 94 28
Métro : Blanche

Entrée libre
Vos dons iront a la Croix Rouge Japonaise
(Si vous voulez effectuer des dons par chèque, rédigez le à l’ordre de l’Ambassade du Japon)

A très bientôt !

また !

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Editeur du blog de jeux vidéo et cinéma Seyth.com, je partage mes avis sans langue de bois sur cet espace. N'attendez-plus et rejoignez-moi sur Twitter

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