Puppeteer : un jeu qui vous fera perdre la tête

Puppeteer : un jeu qui vous fera perdre la tête

Oyez oyez Mesdames et Messieurs ! Prenez place dans ce théâtre où vous sera contée l’histoire magnifique d’un courageux pantin. Allez, allez ! Plus vite, le rideau va se lever !

Puppeteer est un jeu développé par Sony Japan Studio (tout comme Rain).

L’histoire tragique d’un pantin va nous être contée par le professeur Gregorious T. Oswald. Vous voilà bien installé ? OK, nous allons donc pouvoir commencer ce test dans la joie et l’allégresse.

Une histoire de fragments et de vilains méchants

Une histoire fantastiqueParlons un peu du pitch. Rien de révolutionnaire ici : un gros poilu, le roi ours de la Lune, règne en maître sur sa Lune grâce à la pierre lunaire qui possède un pouvoir très puissant et maléfique. Le despote a décidé de se servir des âmes de pauvres enfants terriens pour en faire des monstres naviguant dans l’environnement lunaire maléfique. Pour mettre toutes les chances de son côté, le roi ours a distribué des fragments de la pierre lunaire à ses généraux (un tigre patapouf, un rat farceur, un serpent de 5 kilomètres de longs, etc.). C’était sans compter sur une servante, cuisinière du roi mais également sorcière à ses heures perdues. Pour stopper le roi, elle va envoyer Kutaro, un enfant transformé en pantin sans tête dans la salle du trône afin d’y récupérer Calibrus, une paire de ciseaux magique… L’aventure pourra ensuite réellement débuter.

Kutaro : Un sauveur qui n’en n’a pas le physique

Les têtes

Après s’être emparé de l’âme de Kutaro et l’avoir transformé en pantin de bois, le roi ours décida un jour de le punir et lui arracher la tête. Le despote ne se rendait alors pas compte qu’il avait bien malgré lui donné une chance unique au pauvre garçonnet de devenir le héro d’une odyssée homérique. Kutaro retrouvera une tête de substitution dès le début de son aventure et il pourra même en changer à volonté, chaque tête ayant des pouvoirs spécifiques mais nous y reviendrons un peu plus bas. Haut comme trois pommes, Tom Sawyer est un joyeux garçon Kutaro est un être chétif et il devra partir à la recherche de tous les fragments de Lune à travers la planète. Heureusement, il pourra compter sur deux atouts majeurs :

  • Calibrus qui lui permettra de venir à bout d’ennemis mais surtout de se déplacer à l’écran en découpant par exemple des feuillages, des fils, des tissus, des nuages et j’en passe
  • Les pouvoirs spéciaux de certaines têtes : on notera par exemple le pouvoir de la tête du chevalier qui lui permettra de former un bouclier afin de le protéger ou de renvoyer des sorts magiques, la tête de ninja donnera à notre jeune héro l’occasion de lancer des bombes à volonté. À noter que Kutaro n’aura pas besoin d’avoir sur lui ces têtes spéciales, il acquiert les pouvoirs après avoir découvert ces têtes.

Des alliés de (petites) tailles

Compagnons d'aventureSi Kutaro est le personnage principal de la pièce, il sera aidé par différents protagonistes. Yin-Yang, un chat fantôme volant, vous aidera à débuter et vous donnera les premières indications quant aux boutons à utiliser. Pikarina, une petite fée à la voix fluette, vous accompagnera ensuite tout au long de votre odyssée. Yin-Yang et Pikarina pourront vous permettre de récolter des fragments de Lune dans des objets du décor qui gigotent ou de nouvelles têtes présentent dans des chaudrons magiques volants. Pour déplacer vos acolytes, il vous faudra utiliser le joystick droit de votre Dualshock et appuyer avec R2 sur l’élément du décor que vous souhaitez qu’ils inspectent.

Si Kutaro se déplace en utilisant le joystick gauche, on arrive très vite à déplacer également Yin-Yang et Pikarina. Cependant, Puppeteer offre aussi un mode avec deux joueurs où le deuxième joueur pourra ainsi contrôler le chat volant ou la petite fée. Il faut être honnête, si on arrive à gérer Kutaro et Yin-Yang / Pikarina lorsqu’on n’est pas pressé, on rate énormément d’objets cachés lorsque le jeu nous force à avancer rapidement. Une deuxième personne fouillant le décor n’est alors pas de trop si on souhaite récolter tous les petits bonus présents dans le jeu.

Un jeu qui émerveille et des environnement variés

ToriLa première chose qui saute aux yeux lorsqu’on pose les pattes sur Puppeteer, c’est que le jeu est plein de couleurs chatoyantes. Impossible de ne pas être séduit d’emblée.

Que dire aussi des textures extrêmement bien choisies. On croirait que les développeurs ont superposé des bouts de papiers de différentes textures de temps à autres. C’est merveilleusement bien fait, un travail d’artiste.

Vous aurez tout loisir d’en prendre plein les yeux en naviguant notamment dans le château du roi, dans le bois lunaire, le lac aux cèdres, le bateau pirate (la brebis galeuse) sur la mer du clair de Lune, sous la mer, etc. Que c’est beau et bougrement réussi, il y a longtemps qu’un jeu ne m’avait pas tant étonné ! Si par exemple The Last Of Us nous offre des graphismes somptueux, Puppeteer nous émerveille par le choix des textures et des couleurs. Si dans le dernier Tomb Raider j’avais beaucoup apprécié naviguer dans un univers japonisant, Puppeteer m’a fait voyager puisque les décors représentent quelquefois  très bien l’univers nippon (un pont rouge rappelant le pont sacré de Nikko, les lanternes, les tori, les konobori, un cerisier en fleur géant, etc.). Je n’ai pas peur de le dire, ce jeu nous fait voyager et c’est un véritable bijou artistique.

Une pièce de théâtre unique

Comédie musicaleLà où sur les jeux de plateformes old-school on se déplaçait généralement de gauche à droite, c’est aussi le cas dans Puppeteer à ceci près que les niveaux viennent se superposer les uns sur les autres. Ne l’oublions pas, nous sommes le héro principal de la pièce de théâtre et les décors changent constamment.

À de nombreuses reprises, vous entendrez le public réagir à vos actions : ainsi, il pourra s’émerveiller ou bien prendre peur. Cela renforce l’immersion et le caractère addictif de ce jeu pas comme les autres.

Tout au long de l’aventure, la pièce nous sera narrée par Gregorious T. Oswald. Il décrira ce qu’il se passe à l’écran en temps réel et lui aussi pourra quelquefois s’enthousiasmer ou être angoissé en fonction de votre avancée. Les voix françaises sont très réussies et celle du narrateur colle vraiment bien avec le jeu. Tout est terriblement bien pensé et absolument tout s’emboîte parfaitement !

Puppeter est aussi une oeuvre qui se vit avec des yeux d’enfants : avant ou après un acte, il y a souvent des moments de purs délires (un show d’un rat vendant un élixir, une comédie musicale pour Pikarina dans les bois avec tous les habitants de la forêt ou une autre digne de la petite sirène, etc.). Franchement félicitations aux développeurs, ils ont une imagination débordante !

Parlons enfin de l’humour de ce jeu : vous vous retrouverez plus d’une fois à sourire en voyant ce qu’il se passe à l’écran, que cela soit à cause de scènes improbables (n’hésitez pas à regarder de partout, il y a un nombre très importants de petits détails très amusants au second plan) ou des phrases très funky de Pikarina, de Ezma Potts la sorcière ou du narrateur.

Une tête de perdue et dix de retrouvées

Ninja

Le gameplay de Puppeteer repose notamment sur les effets des têtes que vous trouverez sur votre passage et vous aurez l’embarras du choix (squelette, araignée, guillotine, roi, panda, taiko, ninja, chevalier, granouille, pirate, etc.). Chacune de ces têtes vous permettra notamment d’obtenir des minis-fragments de Lune, d’accéder à des niveaux secrets et plus globalement d’interagir avec l’environnement. Pour cela, il faudra utiliser vos têtes à bon escient lorsque vous verrez le symbole d’une tête apparaître en surbrillance dans le décor en espérant que vous ayez à disposition la tête adéquate car Kutaro ne pourra stocker que trois têtes avec lui.

Les trois têtes correspondent à trois cœurs en quelque sorte. Si Kutaro se fait toucher, il perdra sa tête qui se baladera à l’écran et il aura environ 5 secondes pour aller la récupérer sans quoi elle disparaîtra. Lorsque Kutaro n’a plus de tête en réserve, il meurt. Dès que vous aurez récupéré cent minis-fragments de Lune, vous gagnerez une vie.

Un seul petit regret peut-être en ce qui concerne les têtes : la variété des caboches en bois alors qu’il y a un léger manque d’imagination quant à leur utilisation. 

Un système de jeu classique mais bien pensé

QTEMême si les scènes défilent, le joueur ne sera pas perdu puisque Puppeteer reste un jeu de plateformes. Vous devrez cisailler, sauter, rouler, vous accroupir, chevaucher des bestioles pour parcourir les niveaux. Afin de clore les tableaux en beauté, vous devrez également venir à bout de différents boss. À noter la présence de Quick Time Events surtout face aux gros durs.

Le degré de difficulté de Puppeteer est assez varié. Cependant, on ne va pas se voiler la face, ce jeu est facile, peut-être trop facile. Mis à part quelques passages délicats dans certains niveaux et quelques boss un tout petit peu pénibles (et encore), cette aventure est réservée au plus grand nombre et tout le monde réussira sans peine à se frayer un chemin vers la fin de l’histoire sans trop de difficulté. Il faut voir ce jeu comme une oeuvre à part entière qui se joue, se vit et se regarde.

En conclusion : foncez !

ConclusionJe crois vous avoir tout dit. Je n’ai pas parlé de la bande son qui est elle aussi très réussie et qui colle parfaitement aux thèmes des différents niveaux. Je me serais presque cru dans Pirates des Caraibes en parcourant en long en large et en travers la Brebis Galleuse du capitaine Boulette sur la mer du clair de Lune.

Essayez Puppeteer c’est l’adopter ! Avec ces 7 actes et 3 scènes (ou rideaux) par acte, ce jeu a une durée de vie d’une dizaine d’heures. Si vous souhaitez trouver tous les niveaux secrets, sauvez toutes les âmes en souffrance et collectionner toutes les têtes, il vous faudra y passer un peu plus de temps en demandant l’aide d’un deuxième joueur ! 

Profitez-en, Puppeteer n’est pas très cher et il sera regrettable de passer à côté d’une perle vidéoludique comme celle-ci. Vous voilà prévenu ! Attention de ne pas perdre la tête !

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Editeur du blog de jeux vidéo et cinéma Seyth.com, je partage mes avis sans langue de bois sur cet espace. N'attendez-plus et rejoignez-moi sur Twitter

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