Sinistrés du tsunami / Fukushima : que sont ils devenus ?
11 mars 2011. Il est 14h46 au Japon lorsque se produit l’un des séismes les plus puissants recensé à ce jour. Il aura fallu seulement trente minutes avant que 350 kilomètres de côtes nippones soient ravagées par un terrible tsunami. Comme si cela ne suffisait pas, un mur d’eau d’une trentaine de mètres frappa de plein fouet les bâtiments abritant des réacteurs nucléaires ainsi que les infrastructures environnantes sur le site de Fukushima Daiichi. Suite à cette triple catastrophe, 328 901 personnes ont ainsi du abandonner leurs domiciles. Que sont-ils devenus ?
Sort des sinistrés du tsunami \\
En quelques minutes, 19 200 personnes ont trouvé la mort suite à ce raz de marée hors norme, 3 000 corps n’ayant pas été retrouvé.
175 650 sinistrés avaient alors trouvé refuge dans des bâtiments publics (écoles, gymnases). Aujourd’hui, ces personnes ont pu retrouver un logement, précaire certes puisque qu’elles vivent dans des lotissements de structures en préfabriquées (deux petites pièces équipées de 30 mètres carrés) dans les préfectures de Miyagi et Iwate. Cependant, ces habitations ont été construites à la hâte, sur les hauteurs, et certains sinistrés ont refusé d’y habiter du fait de leur localisation trop éloignées des commerces et des centres administratifs. Certains lieux sont en effet inaccessibles sans voiture.

Rapidement on s’est organisé pour retrouver des photos dans les décombres, la boue. Ces clichés ont tous été nettoyé soigneusement selon un procédé bien précis puis affiché dans des lieux publics en attendant d’être remis aux survivants…
Le système avait fixé à deux ans le délai maximum d’usage d’hébergement provisoire mais il est très probable que les gens cohabitent cinq ans. Quid donc de la reconstruction de logements définitifs ?
Avant de répondre à cette question, les élus locaux devront résoudre certaines problématiques : peut-on reconstruire là où un phénomène naturel a rasé des villes entières en quelques minutes ? Est-il judicieux de débuter des travaux sur des sols où les déchets sont encore amoncelés ? Enfin, quels fonds seront utilisés pour commencer à rebâtir ? Le coût de reconstruction des logements et le déplacement des habitations vers des zones plus élevées est estimé à 19 milliards d’euros dans la préfecture de Miyagi. Les frais directs pour la reconstruction de la ville de Minamisanriku par exemple devrait s’élever à 1,4 milliard d’euros et sans aide de l’Etat, la ville ne pourra pas faire face à ce coût.
Fort heureusement, la vie reprend le dessus et la photo ci dessous où l’on voit Yuko Sugimoto au milieu des décombres à Ishinomaki (photo prise le 13 mars 2011). Elle recherchait alors son fils Raito. Un an plus tard, la joie se lit sur le visage de celle qui est devenu une des figures les plus connues suite à cette catastrophe avec son fils dans les bras en livrant un message tellement vrai :
« Ce désastre m’a fait prendre conscience que chaque jour est un petit miracle »
Yuko Sugimoto

Sort des sinistrés qui habitaient auparavant dans la zone interdite de Fukushima \\
Un périmètre de 20 kilomètres autour de la centrale de Fukushima (soit 1 000 kilomètres carrés) avait rapidement été dressé après la catastrophe. 60 251 habitants, pour le plupart des agriculteurs avaient ainsi été obligé de quitter leurs habitations et ont pour ainsi dire tout perdu.
De plus, 93 000 personnes habitant la préfecture de Fukushima ont également décidé de s’éloigner de la centrale, certains se sont « exilés » plus loin que les préfectures voisines (vers Saitama, Kanagawa, Osaka, Miyazaki ou encore plus au Sud sur les îles d’Okinawa).
Si aujourd’hui aucune victime directe n’a encore été signalée, les ouvriers de Tepco comme toutes les personnes évacuées de la zone des 20 kilomètres autour de la centrale sont soumis à une surveillance médicale rapprochée.


En outre, hormis les remboursements de frais occasionnés lors de l’évacuation, Tepco s’est engagé à verser 120 000 yens (environ 1 200 euros) par mois à titre de « souffrances mentales ». Pour recevoir cet argent, une demande doit néanmoins être refaite tous les trois mois. Nul ne sait jusqu’à quand l’opérateur versera ces fonds.
En ce qui concerne les 1,5 million de personnes qui habitent hors de la zone d’exclusion et dont les terres agricoles ont été polluées ou leurs commerces fermés, Tepco offre une indemnité fixe en une seule fois de 400 000 yens (~4 000 euros) pour les femmes enceintes et les enfants. A cela s’ajoute 200 000 yens s’ils sont partis volontairement, et 80 000 yens pour tous les autres. Ces sommes sont censées couvrir le préjudice causé du 11 mars au 31 décembre 2011. Tepco exige que ceux acceptent ces sommes ne s’engagent pas à réclamer d’autre compensation pour cette période. Lorsqu’on connait le préjudice subit par chaque victime, ces sommes sont absolument ridicules.
Soutien sans faille de la Croix Rouge \\
À ce jour, la Croix Rouge japonaise a recueilli 3 milliards d’euros auprès des japonais eux-mêmes et 500 millions d’euros auprès des Croix Rouges et Croissant Rouges de 80 pays différents. Cet argent a servi en premier lieu pour l’achat de matériel et redistribué en partie aux sinistrés fin qu’ils puissent faire face aux dépenses de la vie de tous les jours.
Aujourd’hui, la Croix Rouge se focalise sur trois principaux axes :
- l’accompagnement psychologique et social des sinistrés. Un sondage récent faisait ressortir que de nombreuses personnes souffraient de troubles du sommeil. Plus grave encore, 5% auraient des comportements suicidaires
- la reconstruction et la réhabilitation des centres de soins (au Japon, 92 hôpitaux dépendent directement de la Croix Rouge)
- la veille et l’engagement pour prévenir le risque nucléaire
Il avait été calculé que 59 200 logements temporaires étaient nécessaires pour accueillir les sinistrés des préfectures de Fukushima, Miyagi et Iwate.

[Le traitement des zones dévastées fera l'objet d'un article ultérieur]
[Le niveau de radioactivité et un zoom sur la centrale de Fukushima sera également traité dans un autre article]
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- Le sinistre du 11 mars 2011 au Japon

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